Mentir sur son CV : une fausse bonne idée

Mentir sur son CV : une fausse bonne idée

Les mensonges sur les CV, les recruteurs en découvrent chaque jour. Si certaines tromperies ne prêtent pas à conséquence, d’autres peuvent vous mettre dans une situation délicate, notamment si elles ont un lien avec votre capacité à occuper le poste visé. Principaux mensonges sur le CV, risques encourus et omissions acceptées : découvrez pourquoi mentir sur son CV est une fausse bonne idée.


Expérience et diplômes : les mensonges fréquents sur un CV


À en croire une étude menée en 2018 par le cabinet de recrutement Robert Half, les candidats sont encore nombreux à mentir sur leur CV. Le mensonge le plus courant sur le CV concerne l'expérience professionnelle puisque 55 % des postulants auraient déjà trompé le recruteur à ce sujet. Un intitulé de postes plus important que la fonction réellement occupée, des responsabilités étoffées, des compétences techniques gonflées (niveau de langue étrangère, logiciels, etc.)... autant de mensonges répandus sur les CV. On note également que 53 % des candidats mentent sur leurs titres et sur leur scolarité, notamment en inventant un diplôme ou en prétendant l'avoir obtenu malgré un échec.


Si certains mensonges sont acceptables, comme nous le verrons par la suite, d'autres sont tout simplement éliminatoires. C'est tout particulièrement le cas des tromperies sur la capacité à occuper un poste, jugées rédhibitoires par les recruteurs. Cela concerne notamment les qualifications professionnelles sur le CV, les compétences techniques, les expériences du candidat, les résultats obtenus de ses précédentes missions et la réalité de son réseau. Conséquences ? 47 % des directeurs généraux auraient déjà recalé un candidat ayant menti sur son CV. D'ailleurs, les recruteurs sont unanimes : il est difficile – si ce n’est impossible - de faire confiance à un futur collaborateur qui ment déjà alors qu'il n'a pas encore intégré l'entreprise.


Mentir sur son CV, une pratique non sans risque


Bien que mentir sur son CV soit une pratique répandue, celle-ci vous met en porte-à-faux vis-à-vis de la loi. En effet, l'Article L1221-6 du Code du travail rappelle que « le candidat est tenu de répondre de bonne foi aux demandes d'informations » du recruteur. Dans le cas contraire, la présence d'informations mensongères sur votre CV peut constituer un motif de licenciement. Selon l'importance de la tromperie et son préjudice pour l'employeur, ce dernier pourra d'ailleurs invoquer une faute grave dans certains cas.


Il faut d'ailleurs savoir que le recruteur est en droit de demander à vérifier les informations indiquées par le candidat sur son CV et lors de l'entretien. Pour cela, il pourra notamment contacter les anciens employeurs du candidat, mais également s'assurer de la réalité des diplômes obtenus via le site officiel de certification diplôme.gouv. Une façon simple et rapide de s’assurer du parcours scolaire indiqué sur votre CV.


Gardez un autre élément en tête : un mensonge finit toujours pas être découvert. À titre d'exemple, l'employeur pourra rapidement se rendre compte que votre niveau de langue n'est pas celui que vous avez prétendu avoir, tout particulièrement si le processus de recrutement prévoit la réalisation d'un test écrit ou oral. Dans le meilleur des cas, vous vous retrouverez dans une situation embarrassante, dans le pire ce mensonge pourra vous suivre pendant toute votre carrière si vos futurs employeurs en ont connaissance. Avec les outils technologiques existant désormais, les employeurs ont d’ailleurs de moins en moins de mal à découvrir la supercherie. Vous voilà prévenu !


Omission et mensonge sur le CV : une différence de taille


Si les mensonges sur un CV sont rédhibitoires, le candidat peut malgré tout faire quelques omissions, à condition que cela n'impacte pas sa capacité à exercer le poste ciblé. Cela vaut d’ailleurs tout particulièrement pour certaines informations qui auront tendance à vous discriminer injustement, comme celles que nous listons ci-dessous.




  • Votre adresse : la situation de votre domicile peut être un frein pour certains recruteurs, notamment si votre adresse est trop éloignée de l’entreprise ou qu’elle a « mauvaise réputation ». Dans ce cas, rien ne vous empêche de ne pas l’indiquer sur votre CV puisque ce renseignement n’a pas une importance capitale pour les employeurs.


  • Votre âge : certains employeurs peuvent juger de vos compétences professionnelles à la vue de votre âge. Quelles que soient vos qualifications réelles, le recruteur pourra vous considérer trop jeune pour un poste à responsabilité (directeur commercial, manager, etc.) ou trop vieux pour un emploi technologique par exemple (développeur, chef de projet web, etc.). Une fois encore, n’hésitez pas à omettre cette information si vous pensez que cela peut vous discriminer.


  • Votre photo : mettre une photo sur son CV n'est pas toujours une bonne idée, notamment car le recruteur pourra écarter consciemment ou inconsciemment votre candidature en raison de votre apparence. Vous pouvez donc tout simplement ne pas ajouter de photo sur votre CV, d'autant plus que cet élément est loin d'être une obligation aux yeux des recruteurs.


  • Votre handicap : si vous avez un handicap physique, il est également préférable de ne pas le mentionner sur votre CV, au risque d'inquiéter le recruteur alors que cela n'a pas lieu d'être. Pourquoi ? Tout simplement car, malheureusement, le handicap constitue encore un frein important à l'embauche. Seule exception à la règle, si vous postulez au sein d'une entreprise expressément ouverte à l'emploi de personnes handicapées.


  • Votre passé d’indépendant : paradoxalement, les recruteurs ont encore du mal à reconnaître à leur juste valeur les créateurs d'entreprise. Si vous postulez pour un poste salarié, évitez les mots « gérants » ou « associés » et préférez le mot « responsable », avant d'ajouter votre champ d'expertise, pour présenter votre passé entrepreneurial.


Plutôt que de mentir sur votre CV, capitalisez sur vos forces


Si certaines omissions se justifient sur le CV, cela ne peut pas s'appliquer à toutes les rubriques. Vous ne devez pourtant pas trop vous en formaliser, dans la mesure où le CV parfait n'existe pas. Une faille, un trou ou un passage à vide dans votre candidature ne constituent pas un élément rédhibitoire pour l'employeur. À ses yeux, le plus important reste avant tout l'honnêteté.


Lors de la lecture de votre CV, le recruteur ne cherche pas à savoir spécifiquement ce que vous avez fait de telle date à telle date. Ce qu'il veut connaître, ce sont vos compétences techniques mais également comportementales, aussi appelées soft skills. N'hésitez donc pas à laisser une année de vide dans vos expériences professionnelles sur votre CV si vous n'avez pas travaillé durant cette période. Ce sera d'ailleurs l'occasion d'expliquer ce qui vous a occupé, comme du bénévolat ou un voyage autour du monde par exemple. Voilà pourquoi vous devez capitaliser sur ce que vous avez réellement fait, plutôt que de mentir sur votre CV. C'est la meilleure chance d'être recruté pour ce que vous êtes vraiment.